24 juil. 2009

Les Simpson, un produit de la mondialisation? Épisode 3. Une série au message ambigu

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Suite (et fin) de ses deux articles précédents:

-Episode 1. Bien plus qu’un cartoon, une marque globale.

-Episode 2. Une écriture “circulaire” qui s’adresse à une audience globalisée.

Simpson Estonie Tallin

Tallin, Estonie

Comme un miroir de la société contemporaine, Les Simpson font sans cesse référence à la culture populaire qui lui a donné naissance, s’adressant ainsi à une vaste audience.

En jouant sur plusieurs niveaux de “référentialité” et donc de lecture, la série permet d’attirer à la fois un public jeune et plus âgé.

Le coté satirique notamment, utilisant l’intertextualité et les in-jokes, ne peut être pleinement compris que d’un public disposant d’un haut degré de culture télévisuelle.

L’exemple le plus évident de satire couplée à de l’« auto-référentialité » est la dénonciation récurrente de la société de consommation et de l’industrie des médias. En effet, Les Simpson ne se contentent pas seulement de puiser dans la culture globale née de la mondialisation, ils en font aussi une critique sévère, mais pleine de contradictions.

simpsons poster

Le rôle des géants des médias, qui créent, entretiennent et diffusent cette culture est particulièrement décrié, alors que c’est l’un d’eux (News Corporation) qui est derrière les Simpson. La série se paye même le luxe de critiquer Fox News dans un épisode devenu célèbre.

Les Simpson rappellent aussi sans cesse leur statut de programme télévisé et de construction médiatique. L’élément le plus parlant est sans doute le « Itchy and Scratchy Show », un cartoon dans le cartoon qui sert à dénoncer, entre autre, la subordination des artistes et des auteurs aux networks et plus généralement aux multinationales des médias. Krusty le clown illustre lui les excès du merchandising et de la surexposition médiatique, des travers auxquels Les Simpson ont pourtant succombé. En quelques années, les départements marketing et publicité de Fox Entertainment ont transformé Les Simpson en exactement ce que les scénaristes dénoncent.

figurine-krusty-clown-simpsons-merchandising

Mais par ce processus d’autocritique de la société de consommation et des médias dont ils sont issus, Les Simpson réussissent à apparaître alternatifs et audacieux, tout en étant en fait totalement « mainstream ». Les fans préfèrent ignorer le caractère mercantile de la série et tout le discours extra-textuel qui l’entoure pour ne prendre en compte que sa dimension critique, plus flatteuse et valorisante. Une ambiguïté qui contribue à expliquer le caractère dual des Simpson, à la fois succès critique et commercial, dans le monde entier.

22 juil. 2009

Les liens du jour: Britney Spears, un singe crucifié, le CSA et Hello Kitty, le chat milliardaire

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Une petite série d'article trouvés aujourd'hui sur le net, en vrac:

- Britney Spears, capable de sauver des vies et de guérir des cas désespérés? Un article (en anglais) de Newsweek sur une série de documentaires de la BBC intitulés Britney Spears Saved My Life.

- la réaction de l'Église catholique face à des affiches du festival d'Avignon jugées blasphématoires, et les réponses des artistes, entre contrition et apaisement, sur Famillechrétienne.fr (oui, j'ai des sources éclectiques)

- un article d'éco89 qui décortique le phénomène Hello Kitty, cet énigmatique chaton japonais qui génère des millions (de yens, de dollars et d'euros) grâce à un nombre incalculables de licences et d'objets plus kitsch les uns que les autres.

Hello Kitty

- sur le Figaro, les difficultés techniques engendrées par le nouveau mode de décompte du temps de parole du président... de quoi donner du travail à une flopée de stagiaires au CSA.

- et pour finir, un exemple on ne peut moins...hum...explicite pour rappeler une règle souvent oubliée: le but d'une pub sur internet n'est pas de générer le plus de clics possibles (coûteux) mais de convertir (en ventes, en inscriptions, etc.)

20 juil. 2009

Jeux de pouvoir

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Un polar noir sur fond de journalisme et de politique, voilà un film bien parti pour m’intéresser! Jeux de pouvoir, adapté de la série britannique States of Play est sorti en salle depuis le 24 juin, avec dans les rôles titres Ben Affleck et Russel Crowe.

Jeux de pouvoir affiche states of play

Le pitch: un matin, la jeune assistante d’un membre ambitieux du Congrès est retrouvée morte dans le métro de Washington, alors que l’enquête parlementaire à laquelle elle collaborait menace de compromettre les  intérêts d’une tentaculaire entreprise para-militaire. Un journaliste chevronné, par ailleurs ami du député depuis la fac, mène l’enquête sur l’assassinat d’un petit dealer de drogue. Lorsque les deux affaires s’entrecroisent, il est secondée par une jeune journaliste bien décidée à bouleverser les habitudes du journal pour l’adapter au monde de l’internet. Tout deux en quête du scoop, ils progresseront lentement dans les méandres du pouvoir pour élucider l’affaire.

Le tout est filmé dans un Washington gloomy à souhait mais non sans charme, ce qui cadre parfaitement avec l’intrigue. J’ai d’ailleurs pu reconnaitre pas mal de lieux que j’avais visité en février dernier, des souterrains du Congrès à Ben’s Chilli Bowl, un fast food qui est devenu le landmark “gastronomique” de la ville.

Rachel McAdams Russell Crowe jeux de pouvoir journalisme 

Outre l’enquête en elle-même, le film évoque les liens entre journalisme et politique, le problème des conflits d’intérêt et des pressions, et surtout, en filigrane, la crise de la presse écrite. L’arrivée d’Internet et des nouvelles technologies (symbolisés par la jeune journaliste) viennent bouleverser un journal centenaire (représenté par le journaliste aguerri mais désarmé face à un média qu’il ne maitrise pas). Les altercations fréquentes entre la jeune femme et sont mentor sont autant d’illustrations de l’opposition désormais classique entre print et internet. Mais enfermée dans ses habitudes, soumise aux contraintes des délais d’impression et dépendante des intérêts de ses actionnaires, la presse écrite semble dans ce film jouer sa dernière carte, celle de l’investigation, un travail de longue haleine que ne permet pas (encore) le web, toujours cantonné à l’actualité chaude et immédiate. Pour l’instant.

19 juil. 2009

Pub Vintage- Merci Free

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C'était au milieu des années 90, le téléphone était encore un monopole d'Etat... et une minute d'appel vers l'Amérique du Nord coutait 9,35 Francs, soit près de 1,5€. Depuis, il y a eu l'ouverture à la concurrence, la voix sur IP et surtout les box ADSL avec leurs forfaits d'appels illimités à l'international. C'est ainsi qu'aujourd'hui, paradoxalement, appeler un portable au Canada ou aux Etats-Unis depuis un fixe coute moins cher que d'appeler un portable en France...
7 juil. 2009

Coup de coeur: Mandellia

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Mandellia, c'est un (pas si) petit site d'e-commerce qui a vu le jour à Toulouse en 2007 en proposant d'abord des coques pour Ipod. Leur créneau désormais: les objets décoratifs genre stickers, magnets, toiles et autres gadgets personnalisables. J'ai découvert leur existence sur Twitter (et oui, Twitter n'est pas si inutile) et même si c'est un peu cher, l'idée et les produits proposés sont très originaux. A coté des tableaux style Pop Art, on trouve un large choix de stickers pour ordinateurs, des magnets pour habiller les lave-vaisselle ou encore des coussins photos... il y en a pour tous les gouts, c'est coloré et ludique.
Le site surfe sur les tendances du replis sur soi et la maison, et le désir croissant de personnalisation. Il pousse même le concept encore plus loin: à terme, si j'ai bien suivi, chacun pourra proposer ses propres visuels sur le site et ouvrir sa boutique virtuelle, Mandellia se chargeant de la conception et de la logistique... avis au graphistes et designers! Il y a là de quoi se créer son propre univers (et le monétiser).
Coté com, ils sont plutot doués: une forte réactivité, une présence intéressante sur les blogs et les réseaux sociaux (cf. cet article élogieux), des idées originales pour faire parler d'eux, comme... offrir un sticker aux 100 premiers bloggeurs qui parleront d'eux... et oui, ça marche. (J'avoue, je suis corrompu, on peut m'acheter pour un sticker ;)
Mais c'est surtout un vrai coup de coeur.

Une bonne nouvelle pour conclure: Mandellia vient d'annoncer une levée de fond de 200 000€ pour poursuivre cette aventure prometteuse.