Plus de quatre années après le lancement de la TNT, présentée à l'époque comme une révolution qui allait bouleverser la vie des Français, il est déjà possible de faire un premier bilan de ce changement majeur dans le PAF.

Mais après, quand est-il de la qualité? Toutes les nouvelles venues sont des chaines low-cost en comparaison des mastodontes comme TF1 et M6, elles sont aussi allègrement revenues sur leurs engagements initiaux auprès du CSA, mettant en péril la diversité qu'on nous avait vanté. Par exemple, quid des chaines musicales? NRJ12 et Virgin17 (Europe2TV a sa création) ont tenté un virage généraliste, plus rentable. Quid du direct sur Direct8, abandonné progressivement? etc. Surtout, quand est-il de la diversité après le rachat de NT1 et RMC par TF1, dans des conditions assez scandaleuses du point de vue du contribuable (lire à ce sujet l'analyse de P. Revel que je partage).
En raison de leur faibles moyens, ces chaines ont jusqu'à présent été contraintes, dans le pire des cas, au recyclage de catalogues (RMC et NT1 qui puisent à fond dans l'impressionnant stock de programme d'AB est l'exemple le plus flagrant) ou à la diffusion de programme cheap et mal doublés importés des Etats-Unis (NRJ12 et Virgin17); les chaines les plus chanceuses, celles adossées à un grand groupe, ont pu se servir dans les miettes laissées par leur grande soeur (W9 qui donne une seconde ou même troisième vie aux programme de M6). Pour les autres, cette situation les a forcé à l'imaginer et innover, afin de réaliser quelque chose de correct avec des bouts de chandelles, non sans ratés (Direct 8 dont les début on beaucoup fait rire, BFMTV et son organisation du travail contestée, etc.). Néanmoins, même si la montée en puissance de ces chaines est amorcée, on peut s'avouer assez déçu par la qualité de la TNT. A ce titre, France Télévision, qui est moins dépendante de la publicité que ses consoeurs n'a pas vraiment joué la carte de l'audace, à l'exception de France5, peut-être, mais il ne s'agit pas là d'une nouvelle chaine au sens strict. L'explosion du PAF n'a pas entrainé de boom de la création et les nouveaux talents apparu sur ces chaines se comptent sur les doigts d'une main.
Autre conséquence de l'apparition de la TNT: le marché publicitaire s'est trouvé morcelé, et les chaines établies subissant de plein fouet les effets de la crises publicitaire ont du revoir à la baisse les coûts de leurs grilles... On nous promet donc un revival des jeux, du style Juste Prix et autres monuments télévisuels, qui ont le grand avantage de ne (presque) rien couter. En tout cas beaucoup moins que de la fiction ou des magazines d'investigation. Et même si TF1 ne diffuse pas cette année l'Ile de la Tentation, la télé-réalité n'a pas dit son dernier mot (cf. Secret Story). Les programmes de qualité (ou du moins exclusifs et innovants) se trouvent donc désormais là où il reste encore de l'argent, c'est à dire sur les chaines à péage type Canal+, groupe qui finance la fiction, le cinéma et le foot. Paradoxe: gratuite, la TNT a d'une certaine manière rendu la télé payante plus attractive. La TNT a donc apporté la quantité et la diversité, mais pas forcément la qualité.

Succès d'audience, certes, la TNT accumule quand même bien des échecs: elle n'a que très partiellement brisé l'oligopole établi, elle n'a pas vraiment apporté la diversité de programme qu'on était en droit d'espérer, et sa qualité s'avère aussi décevante. On peut espérer qu'en entrant enfin sur la TNT TF1 la pousse vers le haut (mais se serait courir le risque de canibaliser la chaine-étendard, déjà mal en point). FranceTélévisions pourrait aussi se montrer beaucoup plus ambitieux avec France4.
On est donc en plein dans une période critique pendant laquelle la TNT se consolide. et tire les leçon de ses premières années d'existance La question est: y aura-t-il de la place pour tout le monde? Les rumeurs de vente de NRJ12 par sa maison mère ne font qu'entretenir le doute sur cette question qui se pose depuis le lancement de la télé numérique.
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